Comprendre l’IA
Adoption de l'IA par les TPE et PME en Gironde : les chiffres 2026
Un jour on vous annonce que la moitié des petites entreprises utilisent l'IA, le lendemain qu'elles sont à peine une sur cinq. Les deux chiffres sont exacts, ils ne mesurent simplement pas la même chose. Voici ce que disent vraiment les trois grandes enquêtes officielles de 2025 et 2026, ce qu'elles ne disent pas sur la Gironde, et surtout ce qu'un dirigeant de TPE à Bordeaux peut en tirer pour décider s'il est en avance, dans la moyenne ou en train de décrocher.

Sommaire
Combien de TPE et PME utilisent réellement l'IA en 2026 ?
Entre 18 % et 55 % selon la source. L'adoption de l'IA par les TPE et PME en France dépend entièrement de ce que l'on mesure : 18 % des entreprises de 10 salariés ou plus selon l'INSEE, 26 % des TPE-PME selon le Baromètre France Num, 55 % pour le seul usage de l'IA générative selon Bpifrance. Trois chiffres justes, trois périmètres différents.
Cette confusion a un coût réel pour un dirigeant de petite entreprise à Bordeaux ou en Gironde. Selon le chiffre qu'il lit le matin, il se croit en retard dramatique ou parfaitement dans les temps. Les deux impressions sont fausses, et aucune ne l'aide à décider quoi que ce soit.
Reprenons donc les trois enquêtes une par une. Elles sont publiques, récentes et solides. Elles racontent, mises côte à côte, une histoire bien plus intéressante que n'importe quel pourcentage isolé.
Pourquoi les chiffres d'adoption vont-ils de 18 % à 55 % ?
Le premier réflexe consiste à chercher « le » bon chiffre. C'est une impasse. Chaque enquête a un périmètre, une date et une définition de l'IA qui lui sont propres, et ces choix expliquent presque tout l'écart entre les résultats.
France Num : 26 % des TPE-PME, la source la plus proche du terrain
Le Baromètre France Num 2025, publié en septembre 2025 par la Direction générale des entreprises, a interrogé 11 021 entreprises entre mars et avril 2025. Il porte spécifiquement sur les TPE et PME, y compris les entreprises sans salarié, ce qui en fait la source la plus proche du tissu économique girondin. Résultat : 26 % des TPE-PME déclarent utiliser des outils d'intelligence artificielle, contre 5 % en 2023. Une multiplication par cinq en deux ans. C'est le chiffre à retenir si vous dirigez une entreprise de moins de dix salariés, parce que c'est le seul des trois qui compte vraiment des structures comme la vôtre dans son échantillon. Les deux autres enquêtes racontent une réalité voisine, mais pas la même population.
INSEE : 18 %, mais seulement à partir de 10 salariés
L'INSEE, dans son enquête sur les technologies de l'information dans les entreprises en 2025, retient un périmètre plus étroit : les entreprises de 10 salariés ou plus. Son taux tombe logiquement à 18 %, en hausse de 8 points sur un an, soit un taux multiplié par trois depuis 2023. La France se situe juste sous la moyenne de l'Union européenne, mesurée à 20 %.
Bpifrance : 55 %, mais uniquement sur l'IA générative
Le baromètre de Bpifrance Le Lab, publié en janvier 2026 avec Rexecode auprès de plus de 4 700 entreprises, ne mesure que l'IA générative, celle des assistants conversationnels. Fin 2025, 55 % des dirigeants de TPE-PME déclarent y recourir, contre 31 % un an plus tôt et 15 % en 2023. L'enquête précise aussi à quoi elle sert : la génération de contenu écrit reste l'usage principal, cité par 72 % des utilisateurs, devant la recherche et l'analyse d'informations, à 67 % et en hausse de 10 points sur un an. Autrement dit, l'usage le plus répandu dans les petites entreprises françaises reste l'aide à la rédaction, pas l'automatisation d'un processus métier.
Trois enquêtes, trois périmètres
| France Num 2025 | INSEE 2025 | Bpifrance Le Lab 2026 | |
|---|---|---|---|
| Taux d'adoption annoncé | 26 % | 18 % | 55 % |
| Qui est interrogé | TPE et PME, y compris sans salarié | Entreprises de 10 salariés et plus | Dirigeants de TPE et PME |
| Ce qui est mesuré | Tout outil d'IA déclaré | Au moins une technologie d'IA | IA générative uniquement |
| Période mesurée | Printemps 2025 | Année 2025 | Fin 2025 |
| Point de comparaison | 5 % en 2023 | 6 % en 2023 | 15 % en 2023 |
Une fois ces périmètres posés, les trois courbes disent la même chose : l'usage progresse vite, il part de très bas, et il progresse d'autant plus vite que l'outil est simple d'accès. C'est cohérent avec ce que nous observons chez les dirigeants que nous rencontrons en Gironde.
Existe-t-il un chiffre d'adoption propre à la Gironde ?
Non, et c'est important de le dire. Aucune statistique publique ne mesure aujourd'hui l'adoption de l'IA au niveau du département de la Gironde. Ni l'INSEE, ni France Num, ni Bpifrance ne descendent à cette maille sur ce sujet. Les enquêtes s'arrêtent au national, parfois au régional ou au secteur d'activité. Cela mérite d'être écrit noir sur blanc, parce que plusieurs articles en circulation affichent des pourcentages départementaux qui n'existent nulle part dans les publications sources. Ils sont extrapolés à partir du national, parfois arrondis à l'avantage de l'argumentaire. Un dirigeant qui prend une décision sur cette base s'appuie sur du vide.
Ce qu'on peut déduire malgré tout
Ce que l'on peut faire, en revanche, c'est raisonner par structure économique. La Gironde est un département où dominent les très petites structures : artisanat du bâtiment, commerce de proximité, restauration, viticulture, services aux entreprises. Or c'est exactement le profil où les taux nationaux sont les plus bas. L'INSEE mesure 15 % d'adoption chez les entreprises de 10 à 49 salariés, 31 % entre 50 et 249 salariés, et 58 % au-delà de 250 salariés. Le taux triple presque avec la taille.
Autrement dit, un tissu de TPE comme celui de la Gironde et de la Nouvelle-Aquitaine se situe très probablement dans la fourchette basse nationale, plutôt autour des 15 % à 26 % que des 58 %. C'est une déduction prudente, pas une mesure, et nous la présentons comme telle.
Le réflexe à garder
Devant un chiffre d'adoption de l'IA, posez systématiquement trois questions : qui a été interrogé, à quelle date, et qu'appelle-t-on « utiliser l'IA » ? Sans ces trois réponses, le pourcentage ne vaut rien. Les publications de l'INSEE, de France Num et de Bpifrance donnent toujours ces informations en clair.
L'écart le plus révélateur : 55 % essaient, 17 % s'en servent vraiment
Voici le chiffre que presque personne ne reprend, et c'est pourtant le plus utile. Dans le baromètre Bpifrance Le Lab de janvier 2026, sur les 55 % de dirigeants de TPE-PME qui déclarent utiliser l'IA générative fin 2025, seuls 17 % l'utilisent régulièrement. Les 37 % restants sont des utilisateurs occasionnels. Traduit en clair : deux tiers des entreprises comptabilisées comme « utilisatrices de l'IA » ne s'en servent que ponctuellement.
Cet écart change complètement la lecture du sujet. Ouvrir un assistant conversationnel une fois par mois pour reformuler un mail entre dans la statistique nationale, mais ne modifie ni votre organisation, ni votre charge administrative, ni votre délai de réponse client. Vous êtes équipé au sens de l'enquête, et pas au sens de votre semaine de travail. C'est la différence entre avoir testé un outil et avoir changé un processus. Le vrai basculement arrive quand une tâche récurrente, un devis, une relance, une prise de rendez-vous, se traite désormais sans que vous ayez à y penser.
Usage occasionnel (37 % des dirigeants)
- • On ouvre l'outil quand on y pense
- • Rien n'est connecté au logiciel métier
- • Le gain de temps n'est jamais mesuré
- • L'organisation reste strictement identique
Usage intégré (17 % des dirigeants)
- Une tâche récurrente part en automatique
- L'outil est branché sur les données de l'entreprise
- Le temps gagné est chiffré chaque mois
- Le dirigeant valide, il ne saisit plus
C'est aussi la raison pour laquelle un artisan de Gironde peut avoir l'impression que « l'IA ne sert à rien » après trois essais. Il a testé un usage occasionnel, pas un usage intégré. Ce sont deux expériences sans rapport.
Vous ne savez pas dans quelle catégorie vous vous situez ? L'audit gratuit fait le point sur vos tâches répétitives, chiffres à l'appui.
Pourquoi 71 % des non-utilisateurs disent « je n'en vois pas l'utilité »
L'INSEE a interrogé les entreprises qui n'utilisent aucune technologie d'IA sur leurs raisons. La réponse dominante surprend souvent : 71 % déclarent ne pas en voir l'utilité pour leur activité. Le manque d'expertise arrive ensuite, cité par 54 % d'entre elles, et la protection des données par 38 %. Le premier frein n'est donc ni le budget, ni la complexité technique. C'est l'absence de cas d'usage clair, rapporté à son propre métier. Un plombier de la métropole bordelaise ne se demande pas si l'IA est puissante. Il se demande si elle sait établir un devis avec ses prix, ses fournisseurs et sa façon de travailler. Tant que personne ne lui montre ce cas précis, la réponse honnête reste « je n'en vois pas l'utilité », et cette réponse est parfaitement rationnelle.
Ce que ce frein signifie concrètement
Ce constat est cohérent avec ce que nous rencontrons sur le terrain. Les démonstrations génériques ne convainquent personne, parce qu'elles ne parlent du métier de personne. En revanche, dès qu'un dirigeant voit tourner un outil sur ses propres données, la conversation change de nature en quelques minutes. Le sujet cesse d'être technologique pour devenir organisationnel.
Le troisième frein, la protection des données, mérite une réponse nette plutôt qu'un discours rassurant. Sur les outils que nous déployons, les données métier de l'entreprise sont hébergées en France ou dans l'Union européenne, avec l'hébergeur inscrit au contrat. La supervision humaine reste la règle : le dirigeant valide avant tout envoi engageant. Si vous voulez creuser ce point, notre article sur la différence entre IA générative, chatbot et agent IA explique quel type d'outil traite quoi.
Ce que ces chiffres changent pour une TPE de Gironde
Trois enseignements concrets se dégagent, et aucun ne consiste à courir après la technologie.
D'abord, vous n'êtes pas en retard. Une majorité de petites entreprises françaises n'a aucun usage régulier de l'IA. Si vous n'avez rien mis en place, vous êtes dans la norme, pas à la traîne. La pression au « il faut y aller vite » relève surtout du marketing.
Ensuite, la vitesse de progression compte davantage que le niveau actuel. Passer de 5 % à 26 % de TPE-PME équipées en deux ans, c'est un mouvement de fond. Le risque n'est pas d'avoir six mois de décalage. Il est de laisser un concurrent répondre à une demande de devis en dix minutes quand vous mettez trois jours. C'est ce délai que voit le client, pas la technologie derrière.
Enfin, le seul chiffre qui vous concerne vraiment est le vôtre. Combien d'heures par semaine passez-vous sur des tâches strictement répétitives ? Cette mesure, faite sur votre propre activité, vaut mieux que tous les baromètres nationaux réunis.
Auto-diagnostic : où en êtes-vous réellement ?
- Sur une semaine type, je sais combien d'heures partent en administratif
- J'ai identifié la tâche répétitive qui me coûte le plus de temps
- Je sais combien de demandes clients restent sans réponse sous 24 heures
- Si j'utilise déjà un outil d'IA, je peux dire s'il tourne toutes les semaines ou de temps en temps
- Je sais où sont hébergées les données de mes outils actuels
- J'ai déjà chiffré ce qu'une journée de retard sur un devis me coûte
Si vous cochez moins de trois cases, le sujet n'est pas encore l'IA. Il est la mesure. On ne peut pas automatiser ce qu'on n'a pas compté.
Par où commencer sans se tromper
La démarche que nous appliquons chez les dirigeants de Bordeaux et de Gironde tient en trois temps, et le premier ne comporte aucune technologie.
- 1
1. Compter avant de choisir
Une semaine d'observation suffit. On note chaque tâche répétitive et le temps qu'elle prend réellement. Presque tous les dirigeants sous-estiment ce total, souvent de moitié.
- 2
2. Traiter un seul poste
On choisit la tâche la plus coûteuse, une seule, et on la règle. Un outil qui fonctionne vraiment vaut mieux que quatre projets ouverts en même temps.
- 3
3. Mesurer, puis passer à la suivante
Après quatre à six semaines, on compare le temps passé avant et après. Si le gain n'est pas visible, on corrige. S'il l'est, on passe au poste suivant.
Cette progression explique pourquoi nous démarrons toujours par un audit gratuit sur le terrain plutôt que par une démonstration d'outil. Elle rejoint aussi ce que nous détaillons dans notre guide sur l'IA en petite entreprise sans compétences techniques, et dans l'article consacré aux cinq signes qui montrent qu'une TPE a besoin d'un agent IA.
Si votre inquiétude porte moins sur les chiffres que sur votre métier lui-même, l'article l'IA va-t-elle remplacer mon métier traite le sujet de front. Et pour voir à quoi ressemblent des outils réellement livrés à des entreprises de la région, nos réalisations sont plus parlantes qu'un pourcentage.
Les chiffres de 2026 disent une chose simple. L'IA n'est plus un sujet de grande entreprise, elle n'est pas encore un réflexe de TPE, et l'écart se joue sur des tâches très banales. Devis, relances, rendez-vous, réponses aux mêmes questions. Rien de spectaculaire, mais c'est là que passent vos heures.
On vient sur place, on compte vos heures perdues et on vous dit franchement si un outil vaut le coup. Gratuit, sans engagement.
Sources et méthode
Les trois enquêtes citées dans cet article sont publiques et consultables en intégralité.
- Baromètre France Num 2025, Direction générale des entreprises, publié en septembre 2025, 11 021 entreprises interrogées entre mars et avril 2025.
- Les technologies de l'information et de la communication dans les entreprises en 2025, INSEE Première, entreprises de 10 salariés ou plus.
- 82e baromètre semestriel de conjoncture des TPE-PME, Bpifrance Le Lab et Rexecode, janvier 2026, plus de 4 700 entreprises interrogées.
Cet article est signé Fabien Arel, co-fondateur de Rescue Pro et dirigeant d'un pôle formation et prévention en Gironde. Rescue Pro est une agence IA basée à Coutras, en Gironde, co-portée avec David Bertrand, gérant d'entreprises du bâtiment. Nous déployons des outils IA sur mesure chez des artisans, des commerçants et des dirigeants de PME de la métropole bordelaise et du département. Les constats de terrain rapportés ici viennent de ces interventions et des audits que nous menons sur place. Cet article sera mis à jour à la parution des prochaines éditions des trois baromètres cités.